Phishing bancaire : quels sont vos droits après une escroquerie par email ou SMS ?
Tristan CONRAD
6/30/20262 min read


Le phishing, ou hameçonnage, est l’une des techniques de fraude bancaire les plus répandues. Chaque année, de nombreux particuliers perdent plusieurs milliers d’euros après avoir cliqué sur un lien frauduleux semblant provenir de leur banque, d’une administration ou d’un service connu.
Pourtant, être victime d’un phishing ne signifie pas automatiquement que les sommes perdues sont définitivement perdues.
Comment fonctionne une attaque par phishing ?
Le phishing consiste à tromper une personne afin de récupérer ses informations confidentielles.
La victime reçoit généralement :
un email ;
un SMS ;
un message instantané ;
une fausse notification.
Le message invite à cliquer sur un lien conduisant vers un faux site internet qui imite parfaitement un service officiel.
La victime peut alors saisir :
son identifiant bancaire ;
son mot de passe ;
ses coordonnées de carte bancaire ;
certains codes de sécurité.
Ces informations sont ensuite utilisées pour réaliser des paiements ou virements frauduleux.
La victime est-elle automatiquement responsable ?
Non.
Les banques invoquent régulièrement la négligence grave de leurs clients en expliquant qu’ils ont communiqué volontairement leurs informations.
Toutefois, la jurisprudence considère que chaque situation doit être analysée concrètement.
Un phishing très sophistiqué peut tromper une personne normalement vigilante.
La question essentielle est donc la suivante : la fraude était-elle facilement détectable ?
Qui doit prouver la faute ?
La charge de la preuve repose principalement sur la banque.
Elle doit démontrer que l’opération a été correctement authentifiée mais également que le client a commis une négligence grave.
La seule utilisation :
d’un identifiant ;
d’un mot de passe ;
d’une authentification forte ;
ne suffit pas nécessairement à établir cette négligence.
Les bons réflexes après un phishing
Dès la découverte de la fraude, il convient de :
Faire immédiatement opposition auprès de la banque ;
Modifier ses codes d’accès ;
Effectuer un dépôt de plainte ;
Conserver toutes les preuves numériques ;
Contester officiellement les opérations.
Il est préférable d’éviter les simples échanges téléphoniques et de formaliser rapidement une réclamation écrite.
Peut-on négocier avec la banque ?
Une résolution amiable est souvent possible lorsqu’un dossier complet est présenté.
L’analyse porte notamment sur :
le fonctionnement exact de la fraude ;
les mesures de sécurité de la banque ;
les éventuelles alertes reçues ;
le comportement du client ;
les preuves techniques disponibles.
Une contestation juridiquement argumentée permet parfois d’obtenir un remboursement total ou partiel sans engager immédiatement une procédure.
MENSA LEGAL
Par Tristan CONRAD Avocat
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